photo à Lyon
Maîtriser le 50mm (ou équivalent).
Stage photo intensif à Lyon sur le 50mm : techniques, exercices pratiques et conseils pour maîtriser la focale magique des photographes.
Stage photo intensif à Lyon sur le 50mm : techniques, exercices pratiques et conseils pour maîtriser la focale magique des photographes.
01. POURQUOI LE 50MM
Pourquoi le 50mm est la focale qui va transformer ta photographie.
Lors de ce cours intensif du samedi 7 février 2026 au Grand Hôtel Dieu, Enzo et Kaïto ont réuni François, Laurence, Lucie, Manon, Olivier, Sylvain et Véronique autour d’une conviction simple : progresser en photo ne passe pas forcément par plus de matériel, mais par une meilleure maîtrise d’un seul objectif.

Le 50mm — ou son équivalent selon ton capteur, est cette focale que les plus grands photographes ont plébiscitée depuis des décennies. Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, René Burri… tous ont construit une œuvre majeure avec cet objectif léger, discret et redoutablement honnête.
Pourquoi dit-on que le 50mm “ne triche pas” ?
Avec un grand angle, la distorsion travaille pour toi. Avec un téléobjectif, la compression aplatie l’espace. Le 50mm reproduit la perspective naturelle de l’œil humain (46° d’angle de vue) : il révèle exactement ce que tu vois — ni plus, ni moins. C’est une focale qui oblige à réfléchir, à se déplacer, à composer. Et c’est précisément ce qui en fait le meilleur outil d’apprentissage qui soit.
Important : Le “50mm” change d’appellation selon la taille de ton capteur ! Si tu utilises un APS-C, tourne-toi vers un 35mm. Sur capteur micro 4/3, c’est un 25mm qu’il te faudra. Vérifie bien ce détail avant tout achat.

02. 7 RAISONS D’INVESTIR
Les 7 raisons d’investir dans un objectif 50mm.
La session a commencé par une exploration des qualités intrinsèques de cette focale. Voici les points essentiels retenus par le groupe :
- Polyvalence totale : portrait, street photo, paysage, photo en intérieur… le 50mm couvre l’immense majorité des situations.
- Outil de progression : la focale fixe t’oblige à te déplacer pour trouver la bonne composition. Avec l’expérience, tu finiras par “voir en 50mm”.
- Légèreté : sa conception optique simple lui confère un format compact, idéal pour le voyage et la street photo.
- Grande ouverture : à f/1.8, c’est un objectif lumineux qui permet des vitesses d’obturation élevées même en basse lumière.
- Bokeh maîtrisé : de f/1.8 pour isoler un sujet à f/8 pour tout rendre net, sa plage d’ouverture est d’une flexibilité redoutable.
- Prix accessible : un 50mm f/1.8 s’achète entre 150 et 200€ neuf, encore moins en occasion.
- Qualité d’image supérieure : les focales fixes offrent généralement un piqué nettement supérieur aux zooms de kit.
03. RÉGLAGES & OUVERTURE
Réglages photo : quelle ouverture choisir avec un 50mm ?.
L’un des apprentissages clés de la journée portait sur le choix de l’ouverture selon la situation. Le Grand Hôtel Dieu, avec ses galeries, ses arcades et ses espaces extérieurs, s’est révélé un terrain idéal pour expérimenter ces différentes configurations.

Ouvertures recommandées selon la situation
Portrait solo : f/1.8 à f/2.8 sur plein format — f/1.4 à f/2 sur APS-C — pour isoler le sujet avec un bokeh flatteur.

Portrait de groupe : ferme à f/2.8 ou f/4 (plein format) pour conserver une profondeur de champ suffisante et garder tous tes sujets nets.
Portrait environnemental : f/5.6 à f/8 pour inclure le contexte et raconter une histoire autour du sujet.

Paysage / architecture : f/8 à f/11 pour une netteté maximale de la scène. De nombreux photographes de rue travaillent aussi à f/8 pour une mise au point quasi-automatique.
Astuce lumière portrait : Pour un résultat flatteur, place ta source lumineuse à 45° par rapport à ton sujet, ou derrière lui pour créer un effet halo lumineux particulièrement réussi en contre-jour rasant.
04. VITESSE & ISO AU 50MM
Vitesse d’obturation et ISO : les réglages complets pour bien exposer au 50mm.
Le choix de l’ouverture ne fait que la moitié du travail. Pour obtenir une exposition correcte — et des images techniquement propres — il faut aussi maîtriser la vitesse d’obturation et la sensibilité ISO. C’est un trio indissociable, et le 50mm l’illustre particulièrement bien.
La règle de base : vitesse = focale (au minimum)
Pour éviter le flou de bougé, ton temps d’exposition ne doit pas descendre en dessous de 1/50e de seconde au 50mm (1/80e sur APS-C). C’est la règle des photographes argentiques, toujours valable aujourd’hui. En dessous de ce seuil, utilise la stabilisation optique ou augmente l’ISO.
☀️ En pleine lumière (extérieur)
ISO 100–200 / f/5.6–f/8 / 1/250e à 1/1000e. C’est la combinaison passe-partout pour les architectures, les rues animées, les portraits en lumière naturelle. La règle Sunny 16 s’applique parfaitement.
🏛️ En intérieur (lumière ambiante)
ISO 800–3200 / f/1.8–f/2.8 / 1/60e à 1/125e. Le 50mm f/1.8 montre ici toute sa valeur : là où un zoom de kit plafonne à f/5.6, tu gagnes plusieurs stops de lumière précieux.
🌆 En heure dorée / lumière basse
ISO 400–1600 / f/2–f/4 / 1/100e à 1/250e. La lumière rasante du coucher de soleil est la plus flatteuse pour les portraits. Au Grand Hôtel Dieu, les galeries deviennent dorées en fin d’après-midi.
🌙 En basse lumière / soirée
ISO 1600–6400 / f/1.8 / 1/50e minimum. La grande ouverture du 50mm est ici indispensable. Accepte le grain : sur un capteur moderne, ISO 3200 reste tout à fait exploitable.
Astuce mode priorité ouverture : En mode Av (Canon) ou A (Nikon/Sony), tu choisis l’ouverture et l’appareil calcule vitesse + ISO automatiquement. C’est le mode idéal pour apprendre le 50mm sur le terrain, en te concentrant uniquement sur la profondeur de champ et la composition.
05. MISE AU POINT
Maîtriser la mise au point au 50mm : autofocus, mise au point manuelle et hyperfocale.
C’est l’un des points qui a le plus surpris les participants lors du cours : à grande ouverture, la profondeur de champ au 50mm est si fine qu’une mise au point approximative suffit à ruiner une image. Comprendre comment cibler avec précision, c’est passer d’un résultat aléatoire à un résultat maîtrisé.
Autofocus : quel mode utiliser ?
AF ponctuel (One Shot / AF-S) : idéal pour les sujets statiques — architecture, portraits posés, still life. L’appareil verrouille la mise au point et attend ton déclenchement.
AF continu (AI Servo / AF-C) : indispensable dès que ton sujet se déplace — enfants, street photo, sujets en mouvement. L’appareil recalcule en permanence.
Collimateur central + recadrage : la méthode simple et fiable enseignée par Enzo — on fait la mise au point sur l’œil du sujet avec le collimateur central, on maintient le déclencheur à mi-course, on recadre, on déclenche. Particulièrement efficace pour les portraits.
La mise au point manuelle : quand et pourquoi ?
En basse lumière, en contre-jour fort ou face à un sujet à travers une vitre, l’autofocus peut hésiter ou se tromper. Passe en mise au point manuelle (MF) et utilise la loupe numérique de ton viseur électronique (ou le Live View sur reflex) pour affiner sur l’œil ou le détail voulu. C’est plus lent, mais infaillible.
L’hyperfocale : la technique des photographes de rue
À f/8, la distance hyperfocale d’un 50mm sur plein format est d’environ 6 mètres. Cela signifie que si tu fais la mise au point à 6 m, tout ce qui se trouve de 3 m à l’infini sera net. Résultat : plus besoin de faire la mise au point avant de déclencher. C’est la technique dite du zone focusing, utilisée par les photographes de rue pour capturer l’instant sans délai. Sur APS-C avec un 35mm, l’hyperfocale à f/8 est autour de 4–5 m — encore plus pratique en milieu urbain.
Astuce détection de visage : Si ton boîtier dispose de la détection automatique des yeux (Eye AF), active-la sans hésiter lors des portraits au 50mm grande ouverture. À f/1.8, la mise au point sur un œil plutôt que sur le bout du nez change tout.
06. EXERCICES PRATIQUES
Les exercices pratiques réalisés au Grand Hôtel Dieu.
L’architecture remarquable du Grand Hôtel Dieu — ses galeries à colonnades, sa cour intérieure, ses volumes variés — a fourni le cadre parfait pour mettre en pratique les quatre exercices proposés par Enzo et Kaïto.
Exercice 1 — Même focale, distances variables
Photographier le même sujet immobile depuis trois distances différentes : 1 m, 2 m et 4 m, sans changer l’ouverture ni déplacer le sujet. L’objectif : comprendre comment la distance modifie radicalement le rendu, la relation entre le sujet et son environnement, et briser le réflexe “je déclenche d’où je suis” hérité des zooms.
Exercice 2 — Une image, une raison
Avant chaque déclenchement, formuler mentalement : “Je prends cette photo parce que…” Si la raison est floue ou absente, interdiction de déclencher. Réaliser 10 photos, puis analyser quelles images avaient une intention claire et lesquelles n’étaient que des prétextes. Cet exercice développe la conscience photographique et pose les bases d’un style personnel.

Exercice 3 — Portrait environnemental
Portrait au 50mm avec une ouverture imposée de f/5.6 à f/8 (f/2.8 à f/4 en micro 4/3). Le fond doit rester lisible. Interdiction d’utiliser le flou comme cache-misère. L’enjeu : prouver qu’une photo peut tenir sans bokeh, en racontant une histoire grâce au contexte.
Exercice 4 — La photo unique
Une scène, une seule photo autorisée. Pas de test, pas de correction, pas de seconde chance. Inspiré de la discipline argentique, cet exercice oblige à observer, analyser et anticiper avant de déclencher. Résultat concret : moins de déchets, plus d’images percutantes.
Défi à poursuivre : 7 jours au 50mm
Pour ancrer les apprentissages dans la durée, le groupe repart avec un défi personnel : utiliser exclusivement le 50mm pendant 7 jours et sélectionner 10 images représentatives à la fin. La question à se poser en fin de semaine : “Qu’est-ce que je fais mieux qu’avant ?” C’est en confrontant régulièrement cette focale à des situations variées que l’œil s’aiguise vraiment.
07. COMPOSITION AU 50MM
Composition photographique au 50mm : les règles à connaître et à oser briser.
La focale ne suffit pas. Ce qui fait la différence entre une image anecdotique et une image forte, c’est la façon dont tu organises les éléments dans le cadre. Le 50mm, parce qu’il ne triche pas, met la composition à nu — et c’est précisément pourquoi travailler la composition avec lui est si formateur.
La règle des tiers
Divise mentalement ton cadre en 9 zones égales (3×3). Place ton sujet ou ton horizon sur l’une des lignes, et les points d’intérêt aux intersections. Le 50mm, avec son champ naturel, se prête parfaitement à ce découpage équilibré.
Les lignes directrices
Les galeries du Grand Hôtel Dieu sont une leçon de lignes de fuite à ciel ouvert. Colonnes, couloirs, escaliers… utilise ces lignes pour guider l’œil vers ton sujet. Au 50mm, sans distorsion, ces lignes restent naturelles et crédibles.
Le cadre dans le cadre
Utilise un élément du décor — une arche, une fenêtre, une porte — pour encadrer ton sujet principal. Cette technique crée de la profondeur et attire l’attention sans artifice. Le patrimoine architectural du Grand Hôtel Dieu s’y prête à merveille.
L’espace négatif
Ne crains pas le vide. Laisser de l’espace autour de ton sujet au 50mm renforce sa présence plutôt que de la diluer. Un ciel uni, un mur sobre, un sol épuré — ce qui entoure le sujet dit autant que le sujet lui-même.
Erreurs fréquentes
- Sujet toujours centré, image statique
- Horizon penché, non assumé
- Fond encombré qui noie le sujet
- Trop d’espace au-dessus de la tête
- Couper les membres aux articulations
Bonnes pratiques
- Sujet décalé, tension dans le cadre
- Horizon volontairement incliné ou parfaitement droit
- Fond simplifié ou flouté à f/1.8–f/2.8
- Espace devant le regard du sujet
- Recadrage aux tiers du corps (taille, poitrine)
Astuce cadrage : Avant de déclencher, promène ton regard sur les bords du cadre, pas seulement sur ton sujet central. Un élément parasite en bordure (panneau, bras coupé, tête flottante) se repère plus facilement quand on scrute la périphérie de l’image en dernier.
08. SPOT PHOTO LYON
Le Grand Hôtel Dieu : un spot photo incontournable à Lyon 2e.
Situé en plein cœur de Lyon, face au Rhône, le Grand Hôtel Dieu est bien plus qu’un simple lieu de rendez-vous. Ses galeries à arcades, ses jeux de lumière naturelle filtrée par les colonnes, ses volumes architecturaux mêlant le patrimoine historique à des espaces contemporains en font un terrain d’exploration photographique exceptionnel.

Pour les photographes au 50mm, ce lieu offre une diversité rare : des lignes de fuite naturelles, des contrastes lumineux intéressants entre intérieur et extérieur, des détails architecturaux riches en textures, et des espaces permettant aussi bien les portraits proches que les compositions larges incluant l’environnement.
🌅 Matin (9h–11h)
Lumière rasante qui sculpte les reliefs des colonnes et des façades. Peu de monde. Idéal pour les architectures épurées et les portraits dramatiques dans les galeries.
☁️ Journée (11h–15h)
Lumière diffuse, parfaite pour les portraits sans ombres dures. La cour intérieure devient un studio naturel à ciel ouvert. Le blanc des pierres sert de réflecteur naturel.
🌇 Fin d’après-midi (15h–17h)
L’heure dorée arrive tôt en hiver à Lyon. Les galeries s’embrasent, les ombres s’allongent. C’est le moment que préfèrent Enzo et Kaïto pour les portraits au 50mm f/1.8.
Informations pratiques
Lieu : Grand Hôtel Dieu, rendez-vous face au Musée de l’Illusion, Lyon 2e
Formateurs : Enzo et Kaïto
Groupe : François, Laurence, Lucie, Manon, Olivier, Sylvain, Véronique (7 participants)
Durée : 2 heures intensives, 14h – 16h
Matériel remis : Une fiche mémo complète récapitulant tous les conseils et réglages clés abordés pendant la session.
09. QUEL OBJECTIF CHOISIR
Quel objectif 50mm choisir selon ta marque et ton budget ?.
C’est la question que pose presque chaque participant en fin de session. Et elle est légitime : le marché des 50mm est vaste, parfois déroutant, avec des écarts de prix qui vont du simple au décuple. Voici une sélection des références les plus solides, marque par marque, pour t’aider à choisir sans te tromper.
Canon — EF 50mm f/1.8 STM (monture EF, reflex)
Le “nifty fifty” par excellence, le 50mm le plus vendu au monde. Compact, léger, autofocus silencieux grâce à sa motorisation STM : il est parfait pour débuter ou compléter un kit reflex Canon. Son piqué au centre est excellent dès f/2.8. Prix indicatif : 130–160 € neuf, 80–100 € en occasion. Si tu es passé au sans miroir Canon, son équivalent en monture RF est le RF 50mm f/1.8 STM, légèrement plus cher (environ 220 €) mais taillé pour les boîtiers EOS R.
Nikon — Z 50mm f/1.8 S (monture Z, sans miroir)
Nikon a revu sa copie avec brio sur la gamme Z. Le 50mm f/1.8 S est une optique de très haute qualité : bokeh soyeux, piqué exceptionnel dès la pleine ouverture, construction soignée avec joint d’étanchéité. C’est probablement le meilleur rapport qualité/prix de sa catégorie toutes marques confondues. Prix indicatif : 550–620 € neuf. Pour les possesseurs de reflex Nikon F, le AF-S Nikkor 50mm f/1.8G reste une valeur sûre à 200–220 € neuf.
Sony — FE 50mm f/1.8 (monture E, plein format)
Accessible et polyvalent, le FE 50mm f/1.8 est l’entrée de gamme idéale pour les utilisateurs Sony Alpha (A7, A7III, A7C…). L’autofocus est rapide et fiable, la qualité d’image très correcte pour son prix. Il perd un peu en finesse face à ses concurrents plus haut de gamme aux grandes ouvertures, mais se rattrape facilement à f/2.8. Prix indicatif : 200–230 € neuf. Pour ceux qui veulent monter en gamme, le Sony FE 50mm f/1.4 GM est une référence absolue — mais à 1 300 €, il s’adresse à un public averti.
Astuce achat : Avant de te lancer dans le neuf, explore le marché de l’occasion (MPB, Phox Occasion, KEH ou simplement les groupes Facebook photo de ta région). Un 50mm f/1.8 d’occasion en très bon état se trouve facilement à moitié prix. Les optiques fixes, moins sollicitées mécaniquement que les zooms, vieillissent très bien.
Et les marques tierces ?
Sigma, Tamron et Samyang proposent également d’excellents 50mm (ou 35mm en APS-C) à des tarifs compétitifs. Le Sigma 50mm f/1.4 Art est une légende dans sa catégorie pour une qualité optique proche des références constructeurs à prix réduit. Le Samyang AF 50mm f/1.4 FE pour Sony est aussi très apprécié. Ces alternatives méritent d’être considérées si le budget est une contrainte.
10. POST-TRAITEMENT
Post-traitement des photos au 50mm : ce qu’il faut (et ne faut pas) corriger.
Une fois de retour devant l’écran, la question du traitement se pose. Le 50mm est une focale honnête — mais honnête ne veut pas dire parfaite. Quelques défauts optiques mineurs méritent d’être corrigés, d’autres sont à accepter ou même à cultiver. Voici ce que le groupe a abordé en fin de session.
Les corrections utiles
Vignettage : à grande ouverture (f/1.8–f/2), les coins de l’image s’assombrissent légèrement. Lightroom et Capture One corrigent ça en un clic via les profils d’objectif. Mais attention — un vignettage discret peut aussi concentrer le regard sur le sujet. À toi de décider si c’est un défaut ou un atout.
Aberration chromatique : des franges colorées (violet/vert) peuvent apparaître sur les contours contrastés en pleine ouverture. La correction automatique dans Lightroom (case “Supprimer l’aberration chromatique”) les efface en une seconde.
Distorsion : quasi inexistante sur un 50mm, contrairement aux grands angles. En pratique, tu n’auras presque jamais besoin de corriger ce paramètre.
Les retouches à doser
Netteté : le 50mm est naturellement piqué. N’abuse pas du curseur de netteté — sur une photo bien exposée et bien mise au point, une valeur de 40–60 dans Lightroom suffit largement. Au-delà, tu crées une image artificielle qui trahit la qualité naturelle de l’optique.
Bokeh : n’essaie pas de simuler un flou d’arrière-plan artificiel si la photo n’en a pas. Le faux bokeh se voit immédiatement et dévalorise l’image. Fais confiance à ta grande ouverture pour créer le flou au moment de la prise de vue.
Retouche légère (recommandée)
- Correction du profil d’objectif activée
- Aberration chromatique supprimée
- Légère compensation d’exposition
- Recadrage si nécessaire
- Netteté modérée (40–60)
Retouche excessive (à éviter)
- HDR agressif qui détruit les ambiances
- Clarté poussée à fond (effet grunge)
- Ajout de grain numérique artificiel excessif
- Flou d’arrière-plan simulé en post
- Recadrage trop sévère (perte de résolution)
Astuce Lightroom : Crée un préréglage d’importation qui active automatiquement la correction du profil d’objectif et la suppression de l’aberration chromatique pour ton 50mm. Tu économises du temps sur chaque session et tu pars toujours d’une base propre.
11. FAQ 50MM
Questions fréquentes sur le 50mm en photographie.
À la fin du cours, les échanges ont naturellement glissé vers des questions que beaucoup de photographes — débutants ou intermédiaires — se posent avant de franchir le pas. En voici quelques-unes, avec les réponses qu’Enzo et Kaïto ont apportées au groupe.
Le 50mm est-il adapté aux débutants en photographie ?
Oui — et même plus que ça : c’est probablement la meilleure focale pour apprendre. Contrairement à un zoom, le 50mm ne te laisse aucune échappatoire : tu dois bouger, observer, cadrer intentionnellement. Cette contrainte apparente est en réalité un accélérateur de progression. Tu développes plus vite ton œil, tu comprends mieux la relation entre sujet, distance et profondeur de champ, et tu construis des automatismes solides que tu pourras transposer sur n’importe quelle autre focale. De plus, son prix d’entrée très bas (dès 130 €) le rend accessible sans prise de risque financière.
50mm ou 35mm : lequel choisir pour débuter ?
Tout dépend de ce que tu aimes photographier — et de ton capteur. Sur plein format, le 50mm est la référence : angle de vue naturel, bokeh généreux, polyvalence maximale. Sur APS-C, le 50mm devient un équivalent 75–80mm, ce qui en fait un objectif portrait serré, moins adapté aux scènes de rue ou aux espaces intérieurs. Dans ce cas, un 35mm sur APS-C (équivalent 52mm plein format) reproduit l’angle de vue naturel et reste la focale d’apprentissage idéale. La règle simple : si tu shootes en intérieur, en ville ou en voyage, pars sur le 35mm (APS-C) ou le 50mm (plein format). Si tu fais surtout du portrait, le 50mm sur APS-C fonctionne très bien pour isoler ton sujet.
Peut-on faire de la street photo au 50mm ?
Absolument — et c’est même une discipline dans laquelle cette focale excelle. Sa discrétion, sa légèreté et son angle de vue proche de la vision humaine t’obligent à te rapprocher de tes sujets, ce qui donne aux images une proximité et une intensité que les téléobjectifs ne peuvent pas reproduire. De nombreux grands maîtres du genre (Cartier-Bresson, Winogrand, Erwitt) ont fait du 50mm leur compagnon de rue quasi exclusif. Au Grand Hôtel Dieu, les galeries et la cour intérieure offrent d’ailleurs des conditions idéales pour pratiquer la street photo architecturale au 50mm : lignes de fuite, passants, jeux d’ombre et de lumière.
Le 50mm fonctionne-t-il en basse lumière ?
C’est même l’une de ses grandes forces. À f/1.8, le 50mm laisse entrer 6 à 9 fois plus de lumière qu’un zoom de kit à f/4.5–f/5.6. En pratique, là où ton zoom te force à monter à ISO 6400 avec un résultat bruité, ton 50mm s’en sort à ISO 800–1600 avec une qualité d’image nettement supérieure. Pour les événements en salle, les restaurants, les lieux patrimoniaux comme le Grand Hôtel Dieu en lumière naturelle tamisée — c’est imbattable.
Peut-on faire de la photo de sport ou d’animaux au 50mm ?
C’est possible mais exigeant. Pour les sports de proximité (basket en salle, danse, arts martiaux) ou les animaux de compagnie, le 50mm fonctionne si tu peux te rapprocher. Pour les sports de plein air ou la faune sauvage, la focale sera insuffisante — mieux vaut alors se tourner vers un 135mm ou un téléobjectif. Le 50mm reste néanmoins un excellent outil pour photographier l’ambiance autour d’un événement sportif plutôt que l’action elle-même.
Le 50mm est-il compatible avec mon ancien boîtier reflex ?
Très probablement oui. Les montures Canon EF et Nikon F ont une longévité remarquable — un 50mm acheté aujourd’hui en monture EF fonctionnera sur n’importe quel reflex Canon des 30 dernières années. En revanche, si tu passes au sans miroir, vérifie la compatibilité : Canon EF ne monte pas nativement sur EOS R sans bague adaptatrice, et Nikon F nécessite la bague FTZ sur les boîtiers Z. Sony, de son côté, a changé de monture en 2013 (passage à la monture E) — les anciens objectifs Alpha A ne sont pas compatibles sans adaptateur.
12. CE QUE TU RETIENS
Ce que tu retiens après ce cours photo à Lyon.
Au-delà des notions techniques, ce cours intensif a transmis une philosophie photographique simple mais puissante : la maîtrise d’une seule focale vaut infiniment mieux qu’une armoire pleine d’objectifs jamais vraiment apprivoisés.
Le 50mm est un outil de transformation, pas seulement un objectif. Il t’oblige à te déplacer, à observer, à composer avec intention. Il te prépare à toutes les autres focales que tu utiliseras un jour. Et surtout, il te donne confiance dans ta capacité à créer des images qui te ressemblent, avec un équipement minimaliste.
- Je connais l’équivalent du 50mm pour mon capteur (plein format, APS-C, micro 4/3)
- Je sais choisir mon ouverture selon la situation (portrait, groupe, architecture)
- Je maîtrise la mise au point : AF ponctuel, AF continu, hyperfocale
- Je compose intentionnellement avant de déclencher
- Je connais les corrections de base à apporter en post-traitement
- J’ai lancé mon défi personnel : 7 jours au 50mm exclusivement
On progresse vite avec un 50mm parce qu’il n’y a nulle part où se cacher. Chaque image dit exactement ce que tu savais — ou ne savais pas — au moment de déclencher.
— Enzo, formateur LSP
À retenir.
Les conseils essentiels de cet événement.