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Photographie culinaire restaurant et traiteur : comment bien se préparer pour un shooting

Serveuses proposant un plateau de canapés à des invités en extérieur, reportage culinaire chez Rue du Plat Lyon
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En bref

Une séance de photographie culinaire restaurant se prépare en amont : liste de plats définie, créneau hors service, usage précis des visuels. Comptez une demi-journée pour une dizaine de plats, livrés en deux formats.

Une séance culinaire ne ressemble pas à un shooting classique. Tout à fait logique. On ne photographie pas un plat comme on photographie une personne : le sujet refroidit, brunit, s’affaisse, et la cuisine ne s’arrête pas de tourner pour nous. J’interviens régulièrement dans des restaurants et chez des traiteurs à Lyon, en photographie culinaire, et à chaque fois la même question revient : comment ça se passe, concrètement ? Voici la réponse.

 

Tout se joue avant d’arriver

Chef préparant des plats en cuisine professionnelle pour une séance de photographie culinaire
La préparation en amont est clé pour une séance culinaire réussie.

La séance se prépare par téléphone, une semaine avant. Trois questions suffisent :

  • Quels plats ? On établit une liste fermée. Douze plats, c’est déjà une belle demi-journée.
  • Pour quel usage ? Une photo destinée à une carte imprimée, une story Instagram et une fiche de plateforme de livraison ne se cadrent pas pareil. Autant le savoir avant !!
  • Quel créneau ? Le matin avant le service, ou l’après-midi entre deux services. Jamais pendant un coup de feu.

Cette conversation évite le scénario classique : arriver, découvrir que le chef pensait faire vingt-cinq plats en deux heures, et repartir avec des photos bâclées…. Cela arrive plus souvent que vous ne le pensez !

Pourquoi cette liste fermée est-elle non négociable ? Parce qu’un plat qu’on découvre sur le moment, c’est un plat qu’on n’a pas eu le temps de réfléchir. Je ne sais pas comment il tient dans le temps, si la sauce va croûter en deux minutes, si la garniture va s’affaisser. Moi, ce que je fais, c’est anticiper chaque sujet avant même d’être en cuisine. Sans ça, on improvise. Et improviser face à un dressage qui refroidit, c’est perdre.

L’usage est le deuxième point que les gens sous-estiment. Un visuel pour une carte imprimée peut être horizontal, très architecturé, travaillé en lumière naturelle rasante. La même photo sur une application de livraison sera recadrée automatiquement en carré et compressée. Si on ne sait pas ça avant, on livre un truc magnifique qui sera massacré à la publication. C’est pénible pour tout le monde.

L’ordre de sortie, c’est la cuisine qui le décide

Photographie culinaire professionnelle de burgers gastronomiques pour carte de restaurant
Chaque plat a son propre timing de prise de vue selon sa tenue dans le temps.

C’est le point que les photographes qui débutent en culinaire comprennent mal. Le rythme n’est pas fixé par la photo, il est fixé par le dressage.

Un dessert à l’assiette qui prend vingt minutes à monter ne se traite pas comme un burger prêt en trois minutes. On commence donc par ce qui tient le plus longtemps, on garde pour la fin ce qui fond, ce qui tombe ou ce qui sèche. Une glace passe en dernier, toujours.

Pourquoi ? Parce que si on photographie la glace en premier et qu’on a encore huit plats derrière, elle sera fondue avant qu’on ait eu le temps de la regarder. C’est une cause matérielle simple, mais si on l’ignore, on refait le plat, on perd du temps, on met la cuisine sous pression. La cuisine sous pression fait des erreurs de dressage. Les erreurs de dressage donnent des photos ratées. L’ordre de sortie, c’est le premier arbitrage de la séance, et il se décide ensemble avec le chef avant de commencer.

Ça, je comme je dis souvent aux gens que je rencontre : en photographie culinaire, le photographe ne commande pas. Il s’adapte. C’est la cuisine qui fixe le tempo.

Qui dresse l’assiette

Cuisinier préparant sauce et garnitures dans une cuisine de traiteur, séance photo culinaire à Lyon
C’est l’équipe qui dresse. Je n’interviens que sur les détails qui ne comptent qu’à l’image.

Votre équipe. C’est elle qui connaît le plat, ses proportions, la façon dont il doit apparaître au client. Mon rôle s’arrête aux derniers détails, ceux qui ne comptent qu’à l’image : l’orientation d’une pièce, la hauteur d’un dressage, un bord d’assiette à essuyer, une brillance à raviver.

Je ne travaille pas avec les faux ingrédients de la photo publicitaire des années 90. Pas de purée à la place de la glace, pas de colle à la place du lait. Ce qui est photographié est ce qui sort en salle. C’est une question d’honnêteté commerciale, et c’est aussi ce qui évite au client d’être déçu à table.

Il y a deux écoles sur ce sujet. Un exemple de ce que ça donne en vrai : le reportage chez Maison Terrasson, tout est sorti de leur production, rien n’a été truqué. Certains photographes culinaires travaillent avec un food stylist dont le boulot est précisément de rendre le plat plus beau qu’il ne l’est, quitte à tricher sur les ingrédients. Ça donne des images très impressionnantes. Et pour certaines campagnes nationales, ça se justifie. Moi, c’est l’inverse : je pars du principe que si le client commande ce plat et que ce qu’il reçoit ressemble vaguement à la photo, c’est un problème. Pas de mon côté, du côté du restaurant. Les deux approches fonctionnent, mais pour un restaurant ou un traiteur lyonnais qui veut construire une relation de confiance avec sa clientèle, je trouve que l’honnêteté de l’image vaut mieux que le coup d’éclat publicitaire.

Le cas du traiteur : tout se passe en une fois

Buffet traiteur élégant lors d'une réception photographié avant le service
Le créneau avant les convives est le seul où le buffet est encore intact.

Chez un traiteur, la logique change. Il n’y a pas de carte à photographier plat par plat : il y a un buffet monté une seule fois, pour un événement réel, et qui sera démonté dans la soirée.

Serveur professionnel lors d'un événement à Lyon - Reportage photo événementiel par Nicolas Navrot

Concrètement, cela veut dire arriver au moment du dressage, avant les convives. Ce créneau est court, souvent trente à quarante-cinq minutes, et c’est le seul où les plateaux sont intacts. Une fois le service lancé, on ne photographie plus un buffet, on photographie un buffet entamé, ce qui n’a pas la même valeur commerciale.

Pourquoi cette fenêtre est-elle aussi courte ? Parce que les équipes traiteur dressent vite, et que les premiers convives arrivent souvent avant l’heure prévue. Trente à quarante-cinq minutes, c’est à la fois long et très court : long si on a préparé ses angles à l’avance, court si on découvre la salle en arrivant. Moi, ce que je fais, c’est demander le plan de salle et les photos du dernier événement similaire avant d’arriver. Comme ça, j’ai déjà mes axes en tête. Je ne perds pas dix minutes à chercher où me placer pendant que le buffet se remplit.

Ensuite seulement viennent les images de service et d’ambiance : les mains qui découpent, un verre qu’on tend, la file devant la pièce montée. Ces photos-là racontent la prestation vécue, et ce sont souvent celles qui déclenchent les demandes de devis. C’est la même logique que sur un reportage d’événement d’entreprise : ce qui se vend, c’est le moment, pas le décor vide. Un buffet parfaitement dressé, ça rassure. Des convives qui se servent et sourient, ça donne envie de réserver.

Ce que je livre, et pourquoi en deux jeux

Plateau de boulettes frites sur présentoir blanc lors d'un cocktail, photographie culinaire professionnelle Lyon
Les visuels destinés aux plateformes sont shootés à part, cadrage centré et fond neutre.

Les fichiers partent en deux versions : un jeu web optimisé, léger, prêt à publier, et un jeu haute définition pour l’impression d’une carte ou d’une affiche de vitrine.

Pourquoi deux jeux et pas un seul fichier qu’on redimensionne selon les besoins ? Parce que ce qui est optimisé pour le web est compressé, et qu’une compression agressive sur un tirage grand format, ça se voit. À l’inverse, envoyer des fichiers lourds à un community manager qui doit publier trois posts par semaine, c’est lui mettre douze tonnes de travail sur les bras pour rien. Chaque support a ses contraintes. Autant livrer le bon outil directement.

Quand des visuels sont destinés aux plateformes de livraison, ils sont shootés à part. Ces plateformes imposent leurs cadrages, généralement un plat centré sur fond neutre recadré au carré. Utiliser une belle photo d’ambiance à cette place revient à la faire massacrer par le recadrage automatique. C’est tout bête, mais si on ne l’anticipe pas à la prise de vue, on se retrouve à refaire une partie de la séance, ou à livrer des visuels qui ne passent pas la modération de la plateforme.

Combien de temps prévoir

Serveuse garnissant des bao à un buffet de soirée en extérieur, reportage culinaire traiteur à Lyon
Les images de service viennent après le buffet intact : ce sont elles qui déclenchent les devis.

Comptez huit à douze plats sur une demi-journée, vingt à vingt-cinq sur une journée complète. Pour un buffet traiteur, une intervention de deux à trois heures autour du dressage couvre l’essentiel. Pour une couverture d’événement complète, le calcul est différent et je le détaille dans le tarif d’un photographe événementiel à Lyon.

Ces chiffres ne sont pas des estimations au doigt mouillé. Ils tiennent compte du temps de dressage, des ajustements lumière entre deux plats, des éventuels recadrages pour les formats plateforme, et d’une marge si un plat doit être refait. Si on me dit qu’on a douze plats et trois heures, je sais que ça tient. Si on me dit vingt-cinq plats et trois heures, je dis non. Pas parce que je ne veux pas travailler vite, mais parce qu’une photo bâclée sur un plat que tu as mis des années à mettre au point, c’est dommage pour tout le monde.

Le reste, c’est de la post-production : sélection, colorimétrie, retouches des détails parasites. Je ne développe jamais à chaud. Le jour même, j’aurais trop le nez dedans pour faire des choix justes. Une première sélection part sous 48 heures quand il y a une urgence de publication, la livraison complète sous sept jours ouvrés.

La lumière : le vrai sujet qu’on n’évoque jamais assez

Cuisinier en gants noirs servant des plats sous lumière dure lors d'un buffet nocturne, photographe culinaire Lyon
Une lumière rasante révèle les textures. Frontale et plate, le plat est plat.

Je vais pas vous mentir, c’est souvent le point qui fait la différence entre une photo culinaire correcte et une photo qui donne vraiment envie de manger.

En restaurant, la lumière ambiante est rarement utilisable telle quelle. Les cuisines sont éclairées pour travailler, pas pour photographier. Les salles ont souvent des lumières chaudes à l’orange, parfois des néons, parfois un mix des deux. Résultat : sans gestion de la lumière, la balance des blancs est un enfer et les couleurs des aliments partent dans tous les sens. Une sauce qui tire sur le vert parce que la lumière est mauvaise, ça n’a plus rien de commercial.

Moi, ce que je fais, c’est travailler avec une lumière continue, positionnée de façon à raser légèrement le plat. Ce rasant révèle les textures : le croustillant d’une panure, le velouté d’une purée, le brillant d’une réduction. Si la lumière est frontale et plate, le plat est plat (c’est le cas de le dire !). C’est aussi simple que ça. Et une lumière trop forte grille les blancs, les sauces claires, les desserts glacés. Cramé, c’est mort, ça ne rattrape pas en post-production.

Le but, à la fin, c’est que personne ne se demande d’où vient la lumière. Si ça se voit, c’est raté. C’est de l’assaisonnement, pas du ketchup ahah !

Si tu veux qu’on regarde ensemble ce que ça donnerait chez toi, écris-moi : je réponds sous 24 h avec un créneau et une liste de plats à prévoir.

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